La perception que nos contemporains ont des armes a beaucoup
évolué ces dernières décennies...
L’arme, fut-elle de chasse, n’est pas un objet anodin
et peut parfois être une source d’inquiétude
pour les autres usagers de la nature.
Des cas dramatiques très récents dans l’actualité , ne peuvent que nous en convaincre et sur la saison 2020-2021, 80 accidents de chasse ont été recensés, dont 7 mortels concernant 6 chasseurs et 1 non-chasseur :
- Le non-respect de l’angle des 30° pour engager le tir : il reste la principale cause des accidents au grand gibier (35%) et cumulé avec les tirs dans la traque (25% , Les traqueurs prennent une arme pour tirer que s’il se trouve dans une situation de danger immédiat ( un sanglier blesser qui charge etc ) , ils représentent plus de la moitié des accidents de chasse.
- Le tir sans identifier, au grand comme au petit gibier, reste particulièrement important (19% des accidents petit et grand gibier confondus).
- Les auto-accidents(29%) restent toujours aussi élevés.
- Les tirs en direction des routes ou habitations qui sont à l’origine d’accidents, mais également d’incidents (pas de victimes physiques) restent encore trop nombreux.
- Depuis 20 ans, les 83 victimes recensées sont très majoritairement des chasseurs (86%).
“Nos campagnes sont de plus en plus fréquentées. Plutôt que de morceler les territoires dans l’espace et dans le temps pour la pratique d’une activité au détriment d’une autre, il convient de trouver des solutions de cohabitation durable sur ces espaces naturels, dans le respect du droit de propriété et de la réglementation en vigueur. Chacun doit consentir à un effort commun, c’est ce qu’on appelle le “bien-vivre ensemble”.
André Mugnier, Président du groupe national de travail “Accès et Cohabitation des Espaces Ruraux”
Quelle réalité ?
En 20 ans les accidents on diminués de moitié , mais surtout leur dangerosité a largement diminuée de 40 morts dans les années 2000 , l’on est passé à 7 mortels (6 chasseurs et Morgan Keane qui coupait du bois au fond de son jardin, confondu avec un sanglier…)
Quand on sait que le nombre de chasseurs diminue continuellement d’année en année (ils seraient désormais moins d’un million), et que la saison 2020-2021 a été perturbée par la crise sanitaire, cette baisse accidentogène est toute relative, et on ne trouve aucune raison de se réjouir, tant que ce loisir provoquera des morts et brisera des familles…
Surtout la proportion d’accidents impliquant des non-chasseurs serait en légère hausse (14% contre 12% auparavant), de même que le nombre d’incidents aurait sensiblement augmenté par rapport à 2019-2020, avec plus de 50 tirs sur des habitations et 26 tirs sur des véhicules et récemment un automobiliste au volant de sa voiture a trouvé la mort en traversant une forêt !
Des règles toujours appliquées ?
1 accident de grand gibier sur 10 serait lié à un tir sans identification de la cible,
1 accident de petit gibier sur 2 serait lié à une non prise en compte de l’environnement
(tirs vers une personne, une route ou une habitation).
“Certaines balles de gros calibres finissent leur course à parfois plus d’un kilomètre
d’où elles ont été tirées !”
Pourtant la généralisation du port de gilets fluorescents, la pose de panneaux « chasse en cours » et la remise à niveau décennale obligatoire portant sur les règles élémentaires de sécurité sont des mesures nationales entrées en vigueur par
arrêté ministériel le 5 octobre 2020.
Mais ne nous réjouissons pas trop vite il ne s’agira pas d’un examen mais d’une formation pour reprendre les gestes de la sécurité, rappeler les situations d’accidents et les comportements à adopter lorsque l’on rencontre un usager de la nature non-chasseur, l’adaptation de l’arme au gibier chassé, etc , sans visite médicale préalable .
Un certificat médical attestant de l’état de santé physique et psychique compatible avec la détention d’une arme est exigé lors de l’examen du permis de chasse.
Cependant, une fois le titre obtenu, le titulaire n’est plus soumis à un contrôle médical régulier.
Pour l’heure, le gouvernement n’envisage pas de modifier les règles sur ce point.
Avec une population vieillissante de chasseur , on peut être dubitatif sur l’impact de certaines mesures : Pour chasser, il faudrait être en bonne santé, avoir une vision bien claire et un temps de réaction immédiat , la chasse ne figure pas sur la liste des activités sportives à contraintes particulières qui exigent, tous les ans, la production d’un certificat médical attestant de l’absence de contre-indication à la pratique du sport, comme l’alpinisme, les sports de combat, le rugby ou encore « les disciplines sportives comportant l’utilisation d’armes à feu ou à air comprimé ».
«le gouvernement reste conscient de la dangerosité potentielle de la pratique»
le ministère de la Transition écologique et solidaire.
Alors en l’état des choses des solutions ?
La solution passera nécessairement par le respect et la communication entre usagers de l’espace publique , et certains y pensent avec des solutions résolument modernes et innovantes : notamment une jeune start up “Melckone” , ou “trèfle” en breton, permet aux promeneurs de visualiser les zones de chasse en cours lors de leur randonnée.
Melckone, le pari d’une appli
pour les chasseurs et les promeneurs
Déjà testée dans plusieurs forêts d’Île-de-France, en partenariat avec l’Office national des forêts (ONF), l’application ambitionne de s’étendre dans toutes les forêts françaises.
Cette solution digitale permet aux professionnels de la nature de communiquer en temps réel les activités de chasses en cours ; à destination des promeneurs et autres usagers sur un territoire donné.
Cette application par différents accès , permet une communication pour l’ensemble :
- Un accès sécurisé et réservé aux chasseurs pour gérer et déclarer ses chasses.
- Un accès réservé aux associations de sports ou aux particuliers pour déclarer leurs sorties dans la nature.
- Un accès réservé pour déclarer les travaux forestiers et agricoles.
L’application est gratuite sous Android ou Apple , elle montre aux promeneurs en temps réel, sur un rayon donné, toutes les informations à connaître avant de partir en balade.
Les promeneurs peuvent visualiser en temps réel les zones de chasse situées dans un rayon de 10 km et seront donc avertis d’une zone de chasse à proximité.
Si vous utilisez Apple : voici le lien à utiliser :
Melckone dans l’App Store (apple.com)
Qui a créé Melckone ?
– Thomas, associé et Directeur général, 24 ans, diplômé de l’ESSEC.
“Melckone a été créé en 2016 et possède un statut de Jeune Entreprise Innovante.
Pierrick & Thomas.
C’est suite au master spécialisé de Centrale Paris – ESSEC que nous nous sommes rencontrés et avons décidé de collaborer ensemble sur ce projet.
Nous avons été subventionné par Cap’tronik pour le développement de notre balise.”
Le chasseur est le 1er acteur de cohabitation dans la nature donc en plus du référencement des chasses sur la plateforme, nous avons développé une balise innonvante qui permet de renforcer encore plus la sécurité autour des zones chassées. Son nom c’est le HUNT, il sera porté par les chasseurs afin que ces derniers soient alertés de la présence d’un promeneur muni de notre app à proximité de lui et ce qu’importe l’endroit oû il se trouve, même sans aucune couverture téléphonique. Le non-chasseur, lui, recevra une notification sur son smartphone pour le prévenir qu’un chasseur a été alerté de sa présence !
Le HUNT est mis à disposition du chasseur ou du gestionnaire en contrepartie d’un abonnement.
Cette initiative est en développement et en déploiement , en l’état ce n’est pas une garantie ni un passe droit , n’hésitez pas à partager ces informations notamment avec vos élus pour accélérer sa mise en place .
Surtout , n’oubliez jamais Chasseurs ou Promeneurs les règles du savoir vivre , nous partageons la nature avec différentes activités de plein air :