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Brassens aurait eu 100 ans

Le 22 octobre 1921 à Sète dans un quartier populaire du port rue de l’Hospice à Cette (le nom de la ville n’est orthographié Sète qu’en 1928, un changement de graphie qu’il évoque dans la chanson Jeanne Martin) , né Georges Charles Brassens .

La petite presqu’île où jadis bien tranquille Moi je suis né natif Soit dit sans couillonnade Avait le nom d’un adjectif démonstratif. Moi, personnellement Que je meur’ si je mens Ça m’était bien égal

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Entre un père entrepreneur en maçonnerie, athée de tout son cœur, et une mère aux origines napolitaines, croyante comme peuvent l’être les Italiennes, le garçon comprend très tôt que la vie peut être une chose compliquée.

Georges grandit au sein d’une famille nombreuse composée de sa demi-soeur, ses parents, ses grands-parents et leurs chats…

Georges avait 6 ans lorsque le 20 janvier 1928, la ville change de nom, et que par arrêté préfectoral Cette devint Sète, il a 15 ans lorsqu’il rencontre Alphonse Bonnafé , son professeur de français au collège de Sète, 18 ans lorsqu’il rejoint définitivement la capitale, et 31 ans lorsque Patachou, médusée, le découvre !

Pourquoi rejoint ‘il paris ?

La Mauvaise réputation.

Élève médiocre, sauf en gymnastique, Georges Brassens se passionne très tôt pour la poésie :

Dès 14 ans, il commence à écrire quelques “fadaises”, et c’est au collège que la lecture des poètes l’éveille réellement à l’écriture.

Avec ses amis, il découvre la musique et la liberté de l’école buissonnière.

Il arrête ses études en 3ème, en 1939, suite à une affaire de cambriolage dans laquelle il est compromis , il est envoyé chez sa tante Antoinette, en février 1940, rue d’Alésia à Paris.

.

Son premier boulot le conduit aux usines Renault de Boulogne Billancourt.

Le soir, sur le piano de sa tante, il s’essaie à ses premiers accords.

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rue Alésia

Mais les Allemands envahissent Paris, et Brassens retourne à Sète.

Cependant, trois mois plus tard, il ne peut s’empêcher de retrouver la capitale. Il lit beaucoup, pour tuer le temps dans ce Paris désert: Paul Fort, Rimbaud, et surtout Villon.

Ce travail le mène en 1942 à publier son premier recueil de poésie, ‘Des coups d’épées dans l’eau’, suivi rapidement de ‘A la venvole’ : Brassens est envoyé en Allemagne début 1943.

C’est alors qu’il rencontre Pierre Onteniente, dit Gibraltar, son ami, secrétaire et compagnon.

C’est aussi au STO qu’il fait ses premières armes devant un public, un public si particulier avide d’émotion, d’amour et d’amitié en ces temps difficiles.

 Brassens “oublie” de revenir en Allemagne

le 6 mars 1951, Patachou l’auditionne en public

C’est tard….mais 30 chansons de la plus haute facture sont prêtes, un véritable tour de chant d’une heure et demi peut se mettre en marche.

Tout le monde est subjugué,

et c’est ce soir-là que Georges devient Brassens…

Les textes de Brassens font controverse mais, bonne ou mauvaise,

sa réputation n’est plus à faire. 

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Supplique Pour Etre Enterre A La Plage De Sète

par Georges Brassens

La Camarde, qui ne m’a jamais pardonné
D’avoir semé des fleurs dans les trous de son nez,
Me poursuit d’un zèle imbécile.
Alors, cerné de près par les enterrements,
J’ai cru bon de remettre à jour mon testament,
De me payer un codicille.
Trempe, dans l’encre bleue du golfe du Lion,
Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion,
Et, de ta plus belle écriture,
Note ce qu’il faudrait qu’il advînt de mon corps,
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d’accord
Que sur un seul point : la rupture.
Quand mon âme aura pris son vol à l’horizon
Vers celles de Gavroche et de Mimi Pinson,
Celles des titis, des grisettes,
Que vers le sol natal mon corps soit ramené
Dans un sleeping du “Paris-Méditerannée”,
Terminus en gare de Sète.
Mon caveau de famille, hélas ! n’est pas tout neuf.
Vulgairement parlant, il est plein comme un oeuf,
Et, d’ici que quelqu’un n’en sorte,
Il risque de se faire tard et je ne peux
Dire à ces brave gens “Poussez-vous donc un peu !”
Place aux jeunes en quelque sorte.
Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus,
Creusez, si c’est possible, un petit trou moelleux,
Une bonne petite niche,


Auprès de mes amis d’enfance, les dauphins,
Le long de cette grève où le sable est si fin,
Sur la plage de la Corniche.
C’est une plage où, même à ses moments furieux,
Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,
Où, quand un bateau fait naufrage,
Le capitaine crie : “Je suis le maître à bord !
Sauve qui peut ! Le vin et le pastis d’abord !
Chacun sa bonbonne et courage !”
Et c’est là que, jadis, à quinze ans révolus,
A l’âge où s’amuser tout seul ne suffit plus,
Je connus la prime amourette.

Auprès d’une sirène, une femme-poisson,
Je reçus de l’amour la première leçon,
Avalai la première arête.
Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi, l’humble troubadour, sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne,
Et qu’au moins, si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n’en déplaise aux autochtones.
Cette tombe en sandwich, entre le ciel et l’eau,
Ne donnera pas une ombre triste au tableau,
Mais un charme indéfinissable.
Les baigneuses s’en serviront de paravent
Pour changer de tenue, et les petits enfants
Diront : “Chouette ! un château de sable !”
Est-ce trop demander… ! Sur mon petit lopin,
Plantez, je vous en prie, une espèce de pin,
Pin parasol, de préférence,
Qui saura prémunir contre l’insolation
Les bons amis venus fair’ sur ma concession
D’affectueuses révérences.
Tantôt venant d’Espagne et tantôt d’Italie,
Tous chargés de parfums, de musiques jolies,
Le mistral et la tramontane
Sur mon dernier sommeil verseront les échos,
De villanelle un jour, un jour de fandango,
De tarentelle, de sardane…


Et quand, prenant ma butte en guise d’oreiller,
Une ondine viendra gentiment sommeiller
Avec moins que rien de costume,
J’en demande pardon par avance à Jésus,
Si l’ombre de ma croix s’y couche un peu dessus
Pour un petit bonheur posthume.
Pauvres rois, pharaons ! Pauvre Napoléon !
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon !
Pauvres cendres de conséquence !
Vous envierez un peu l’éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant,

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A Sète, il décédé le 29 octobre 1981, à 23h15

à Saint Gély-du-Fesc.

Il est enterré au cimetière Le Py, le cimetière des pauvres, bien loin du cimetière marin cher à Paul Valéry… Un musée est aujourd’hui consacré à Georges Brassens dans sa ville natale de Sète.

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