Auteur : Philippe Natalini, l’enquêteur de Section de recherche en
Gendarmerie , devenu romancier pour raconter le débarquement de Provence
“La Calypso a été un vecteur d’amour de l’Océan pour des millions de gens. “
” C’est un symbole de la protection de l’environnement. Aujourd’hui plus que jamais, elle doit continuer sa mission “
Pierre-Yves Cousteau, le plus jeune fils du Commandant Jacques-Yves Cousteau.
Il y a près de 70 ans, s’effectuait la première sortie en mer au large de Toulon, d’un célèbre bateau qui sillonnera
toutes les mers du globe et durant longtemps : La Calypso…
Voici son histoire :
La Calypso est le célèbre navire océanographique du commandant Cousteau, avec lequel celui-ci fit de l’exploration scientifique maritime du 24 novembre 1951 jusqu’en janvier 1996 et voyagea, avec son équipe, sur toutes les mers et océans du globe.
Le navire fut baptisé du nom de Calypso, nymphe de la mer de la mythologie grecque.
La Calypso est, à l’origine, une BYMS (British Yard Minesweeper) Mark 1 Class Motor Minesweeper construite par la Ballard Marine Railway Company de Seattle pour le compte de la Royal Navy, alors en guerre contre l’Axe.
Sa coque est en bois et elle dispose de cinq sister-ships.
Commandé le 12 août 1941 sous la désignation BYMS-26, elle est lancée le 21 mars 1942 et mise en service dans la Royal Navy en février 1943 sous le matricule HMS J-826.
Elle est affectée en mer Méditerranée, où une de ses sister-ship, la BYMS-24, explose sur une mine et coule devant Saint-Raphaël lors des opérations du débarquement de Provence.
En 1944, elle est ré-immatriclué BYMS-2026 et basée à Malte avant d’être supprimée du Registre Naval en 1947.
Après la Seconde Guerre mondiale, elle est convertie en ferry et assure des liaisons entre Malte et l’île de Gozo.
Elle prend alors le nom de la nymphe Calypso, dont l’île mythologique d’Ogygia est associée à Gozo.
En 1950, le milliardaire irlandais et ancien député Thomas Loel Guinness achète la Calypso et un de ses jumeaux, au travers de la Société anglo-française Auniac-Guinness, pour les transformer en yacht de luxe.
Cependant, il loue l’un des deux navires, la Calypso, au commandant Cousteau qui cherchait un navire pour un franc symbolique par an.
Celui-ci l’envoie à Antibes, où elle est convertie en navire d’expédition et de base de soutien pour la plongée, tournage de films et pour la recherche océanographique.
Elle est basée à Toulon.
Elle passa ses premières années d’explorations dans les mers Méditerranée et Rouge, ainsi que dans le Golfe Persique en prospection pétrolière pour le compte de sociétés privées, car elle était à l’époque le seul bateau océanographique indépendant, et c’était le seul moyen de rembourser les dettes contractées pour équiper le navire.
Elle transportait alors une équipe et du matériel de pointe, y compris deux mini-sous-marins développés par Cousteau baptisés « puces de mer SP-500 », une soucoupe de plongée Denise SP-350 et des scooters sous-marins.
Le navire fut également équipé d’une chambre d’observation vitrée située dans l’étrave à trois mètres sous la ligne de flottaison, et adaptée pour accueillir du matériel scientifique ; l’arrière (et plus tard, l’avant) est aménagé en plate-forme pour hélicoptère.
Avec cet équipement, la Calypso vogua durant quarante ans sur la plupart des mers du globe, notamment pour le tournage à partir de 1967 de la longue série de documentaires “L’Odyssée sous-marine du commandant Cousteau” qui rendirent celui-ci, son équipe et le navire mondialement connus.
Une barge poussée entra accidentellement en collision avec Calypso qui était à quai et la coula dans le port de Singapour en janvier 1996, un an avant la disparition de son célèbre commandant le 25 juin 1997.
« Je veux que Calypso reste au service de la Science et de l’Éducation ».
Le commandant Cousteau peu avant son décès le 25 juin 1997
Elle fut renflouée et convoyée en France en catastrophe.
Après avoir passé un certain temps à flot dans le port autonome de Marseille, elle fut remorquée vers le bassin des chalutiers du Musée maritime de La Rochelle le 7 juin 1998, où après restauration elle devait accueillir une exposition.
Une longue série de mesures juridiques et autres retards a ensuite empêché tout début des travaux de restauration.
Après des batailles juridiques et procès à rallonge, le 6 janvier 2016, l’Équipe Cousteau annonce sur son site la sortie de la Calypso des chantiers Piriou pour le premier trimestre 2016.
Les financements ont été trouvés pour sa restauration complète, qui devrait être amorcée dans un nouveau chantier et durera jusqu’en 2017.
Le 14 mars 2016, la Calypso quitte la France à bord d’un cargo afin d’être rénovée en Turquie.
La rénovation du navire devant durer deux ans pour un coût de près de 10 millions d’euros.Le 1er avril 2016, la Calypso arrive à Izmit en Turquie.
La rénovation du navire commence, le hangar de protection est terminé.
Mais le navire a subi un incendie durant sa restauration
dans la nuit du 11 au 12 septembre 2017.
Après l’incendie, des procédures administratives et juridiques ont été lancées et pendant près d’un an le hangar était inaccessible tandis que divers experts analysaient les lieux.
Ce n’est qu’en fin août 2019 que les cendres et autres débris dans le hangar ont pu être nettoyés, suite à quoi les travaux ont pu reprendre.
L’association Equipe Cousteau estime que la coque est pratiquement reconstruite au stade ou elle était au moment du sinistre et dès que les assurances auront réglé les dommages, chose qui n’a toujours pas été faite, la reconstruction devrait reprendre.
Telle est l’histoire de cet emblématique navire océanographique méditerranéen
NOTRE PLANÈTE D’EAU EST ESSENTIELLE À NOTRE SURVIE…
Jacques-Yves Cousteau est le père de l’exploration sous-marine en mer.
Travaillant avec des scientifiques et des inventeurs pour augmenter sa capacité de recherche sous-marine, il a été le premier utilisateur de l’Aqua-Lung; le premier appareil respiratoire sous-marin au monde qui a permis aux humains de passer de longues périodes sous l’eau.
Cousteau a compris avant les autres à quel point notre planète d’eau est essentielle à notre survie.
Et il a consacré sa vie à apprendre ce qui se trouvait sous la mer… des créatures, des plantes, des écosystèmes entiers, tous les trésors cachés dont les cycles de vie ont un impact sur les nôtres.
Avec le réchauffement climatique, l’augmentation du développement des rivages, la pollution, l’infiltration de plastique dans nos océans, l’extinction massive d’espèces qui ont survécu à des millénaires, le mandat de protéger ce que nous aimons n’a jamais été aussi urgent qu’aujourd’hui.
La seule façon de protéger ce que nous aimons est de comprendre les leviers qui le maintiennent en vie, résilient et durable.
La Société Cousteau explore les mers depuis 1975, établissant des aires protégées pour les espèces en voie de disparition, défendant le monde silencieux qui ne peut pas se défendre lui-même et éduquant les enfants et les adultes afin qu’ils puissent perpétuer son héritage de protection de notre planète aquatique.
Maintenant dirigée par la veuve de Jacques Cousteau, Francine Cousteau, la Société continue d’être à l’avant-garde de la protection de l’environnement et de la recherche océanique.
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