Traditionnelle pour de nombreux plaisanciers, la pêche au palangre est souvent considérée comme difficile à mettre en œuvre et réservée aux vieux loups de mers.
Cette pratique ancestrale a connu ses heures de gloire aux XVIIe et XVIIIe siècles en Provence. La surexploitation des fonds marseillais par les palangriers catalans, dès 1721, est à l’origine de sa quasi-disparition.
On pêche aujourd’hui encore à la palangre, ici ou là, entre Marseille et l’Italie.
Quelques irréductibles utilisent cette technique artisanale qui a peu évolué depuis les temps héroïques. Elle procure des prises abondantes de bon rapport.
Pourtant il suffit de bien s’équiper et d’un minimum d’organisation
pour caler des palangres dans les règles de l’art.
.
Description et réglementation
Le palangre est une ligne morte que l’on laisse travailler pendant des heures au fond de l’eau.
Il est constitué d’un corps de ligne en tresse ou en nylon de fort calibre, plombé sur toute sa longueur sur lequel on vient monter des bas de ligne eschés de sardine, poulpe, calamar, bibi ou encore de vif en fonction des poissons qui sont recherchés.
Cette ligne mère repose sur le fond et elle est reliée à ses deux extrémités aux lignes de descentes qui permettront de localiser le palangre et de le remonter. La réglementation limite le nombre d’hameçons à 60 pour les pêcheurs plaisanciers (on pourra se constituer 2 palangres de 30 hameçons) et d’inscrire lisiblement le nom et l’immatriculation du bateau sur les bouées reliées aux lignes de descente.
Une bonne organisation s’impose :
Pas de calage de palangre sans une bonne préparation. La ligne mère du palangre est enroulée sur une bobine ou un treuil manuel ou électrique pour les plus équipés : le but faciliter sa pose en limitant les embrouilles. Les bas de lignes sont rangés indépendamment dans un sceau ou un panier prévu spécialement à cet effet et ils doivent impérativement êtres eschés à l’avance et gardés au frais. On les armera sur le palangre au fur et à mesure de sa pose. Pour favoriser un accrochage ou un décrochage très rapide des bas de ligne sur la ligne mère, on utilise des agrafes à palangre. Tous les brasseaux doivent en êtres munis.
Dans la pratique :
On commence par mouiller un première ligne de descente qu’on pourra la réaliser avec une corde de 50 m (ou plus selon la profondeur) et une plombée de 1 à 2 kilos en fonction du courant. Cette ligne est reliée à une bouée dont la couleur doit permettre son repérage facilement. On accroche ensuite le corps de ligne du palangre sur cette ligne de descente à l’aide d’un mousqueton qui fera plonger la ligne jusqu’au fond. On déroule ensuite le palangre sur toute sa longueur en accrochant les bas de ligne eschés au fur et à mesure. Une fois déroulé en entier, il n’y a plus qu’à accrocher l’extrémité du palangre à une seconde ligne de mouillage, identique à la première. Laissez travailler votre palangre plusieurs heures avant de le remonter.
Appâts et Bas de ligne :
Ils sont à choisir en fonction du poste prospecté et des poissons visés.
Pour une pêche de sparidé par exemple on pourra proposer des bas de ligne de 1 m et de 40/100 de diamètre sur lequel on montera des hameçons inox ou nickelé spécial palangre N°4 ou 2 .
Au niveau des appâts, on emploie généralement des bibis :
Le bibi, ou ver cacahuète, un classique de la pêche en mer , vous le trouverez chez les bons shipchandler (Magasin de nautisme )
Mais aussi de la seiche , du poulpe ou du calamar, entiers ou en morceaux, des sardines, des crevettes, des crabes, … ou aussi du concombre de mer !
Ils ne sont pas très beaux ! Et pourtant, ils s’arrachent à bon prix sur les marchés asiatiques. En effet, les concombres de mer sont consommés et très appréciés en Chine et en Asie.
Le concombre de mer (Holothuroidea) est un animal marin classé dans la famille des échinodermes, à côté de l’oursin, de l’étoile de mer, de l’ophiure et de la comatule…
Leurs corps mou et oblong, à symétrie bilatérale, et possédant un cercle de tentacules autour de la bouche.
Le concombre de mer est un détritivore qui se nourrit en filtrant le sédiment récolté à l’aide de ses tentacules rétractiles entourant la bouche. Il est très précieux sur nos côtes car il filtre le sable des fonds marins, si nous pouvons profiter de la plage en été nous le devons aussi à l’Holothurie.
Lors de nos plongées en Méditerranée nous rencontrons surtout Holothurie noire Holothuria (Panningothuria) forskali : En cas d’agression il se contracte et durcit sa peau, et éjecte un filament composé d’un liquide gluant (tubes de Cuvier) et peut même expulser ainsi une partie de ses organes, pour engluer l’ennemi dans un piège paralysant. Il est donc important de ne pas toucher les Holothuries.
Mais certains s’en servent pour pécher …Pas ragoutant du tout !
Rappel pour la plaisance
La réglementation limite le nombre d’hameçons à 60 pour les pêcheurs plaisanciers (on pourra se constituer 2 palangres de 30 hameçons) et d’inscrire lisiblement le nom et l’immatriculation du bateau sur les bouées reliées aux lignes de descente.
*